Afghanistan, le prix de la vengeance

 

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 On ne vaincra jamais l'idéologie salafistes par la force brute. Il y a onze ans, les Etats-Unis suivis par le monde entier, lançaient la guerre en Afghanistan. Sans débats. Sans l'ombre d'un doute. Comme un acte de légitime défense, après lesattaques du 11 septembre 2001. Aucun discours officiel n'a résisté à l'épreuve des faits. Tous les acteurs du conflit, membres des services secrets américains, commandants des force américaines, cadres talibans, seigneurs de guerre afghans, négociateurs de l'ONU, dirigeants pakistanais, responsables des ONG, racontent et démontent l'engrenage d'une guerre.

 Afghanistan, le prix de la vengeance 2012 - YouTube : Afghanistan, le prix de la vengeance - l'Indigné Révolté 

 http://fr.wikisource.org/wiki/Bandit!Flores MagonBilan de la guerre "contre le terrorisme"

Par Enkolo dans Accueil le 13 Septembre 2016

 

 

Afghanistan, le prix de la vengeance 2012 - YouTube : 
 

 

 "Our government is weak and ineffective in comparison to other governments, we've just begun ... But the big corruption, the hundreds of millions of dollars of corruption, it was not Afghan. Now everybody knows that. It was foreign. ... The contracts, the subcontracts, the blind contracts given to people, money thrown around to buy loyalties, money thrown around to buy submissiveness of Afghan government officials, to policies and designs that the Afghans would not agree to. That was the major part of corruption...
Hamid Karzai, 07 October 2013

Il y a onze ans, les Etats-Unis, suivis par le monde entier, lançaient la guerre en Afghanistan. Sans débats. Sans l'ombre d'un doute. Comme un acte de légitime défense, après les attaques du 11 septembre 2001. Aucun discours officiel n'a résisté à l'épreuve des faits. 
Ben Laden ? Retrouvé et tué, ailleurs, au Pakistan. 
Al Qaeda et talibans ? Un amalgame construit de toute pièce par les faucons américains. 
Le sort des femmes afghanes ? Un alibi pour vendre la guerre aux opinions. 

Tous les acteurs du conflit, membres des services secrets américains, commandants des force américaines, cadres talibans, seigneurs de guerre afghans, négociateurs de l'ONU, dirigeants pakistanais, responsables des ONG, racontent et démontent l'engrenage d'une guerre qui n'avait d'autre motif que la pulsion de vengeance américaine. 

 

 

Afghanistan, le prix de la vengeance ( et fin)


La guerre d’Afghanistan est la plus longue menée par les États-Unis : seize ans, environ 6 000 jours, soit plus que la guerre du Vietnam. Paradoxalement, contrairement aux guerres précédentes, aucun événement majeur, aucune bataille emblématique n’aura marqué la mémoire collective américaine. Le New York Times met ici en perspective la durée de la guerre d’Afghanistan avec les précédents conflits américains, et dessine les contours d’une guerre qui semble interminable.

 La série d'actes terroristes spectaculaires qui ensanglante l'Afghanistan depuis neuf jours, montre les limites de la stratégie américaine.

 

Les réactions ont afflué du monde entier: la tour Eiffel s'est éteinte dans la nuit de samedi à dimanche, le président Emmanuel Macron a condamné l'attentat, tout comme Donald Trump. La tristesse était immense après l'attaque à l'ambulance piégée qui a frappé Kaboul samedi, un acte revendiqué par les talibans le jour même. La présidence afghane a décrété une journée de deuil national dimanche.

La frappe ne se distingue pas seulement par son bilan de 103 morts et 235 blessés. Elle n'est que le énième épisode d'une série d'actes terroristes spectaculaires qui ensanglantent l'Afghanistan depuis neuf jours. Il y a d'abord eu la prise d'assaut de l'hôtel Intercontinentalde la capitale par les ...

Le numéro 2 des talibans pakistanais a été tué lors d'une frappe de drone américaine, ont indiqué les insurgés lundi dans un communiqué, alors que l'armée américaine continue d'intensifier ses attaques le long de la frontière afghane. Khalid Mehsood, numéro 2 des Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP), est mort peu avant l'aube du 8 février dernier lors d'une frappe au Nord Waziristan, l'une des agences tribales pakistanaises frontalières avec l'Afghanistan, a indiqué le TTP dans un communiqué envoyé par mail.

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Les leaders du TTP ont nommé le mufti Noor Wali Mehsud pour le remplacer, d'après ce texte, qui ajoute que Mehsud a "une confiance sans faille" envers le chef du TTP, le maulana Fazullah. Les autorités américaines n'ont pas commenté l'information. Le Nord Waziristan, comme la plupart des agences tribales, est interdit d'accès aux journalistes, et les bombardements le long de la frontière poreuse sont difficiles à vérifier.

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La publication de ce communiqué intervient alors que les Etats-Unis ont massivement accru leur offensive aérienne dans l'Est de l'Afghanistan, ciblant les laboratoires de confection de drogue des talibans et les caches des combattants du groupe Etat islamique, que le président Donald Trump compte ainsi forcer à s'asseoir à la table des négociations. Mais les insurgés ont réagi violemment, lançant une vague d'attaques en Afghanistan, particulièrement à Kaboul, qui ont fait de nombreuses victimes civiles.

Afghanistan : «Les talibans sont bien plus forts qu'avant l'intervention américaine»

INTERVIEW - Les attentats sanglants rythment le quotidien des Afghans. Karim Pakzad, chercheur à l'Iris et spécialiste du pays, estime que les talibans ont radicalisé leurs méthodes à cause de la concurrence imposée par Daech.

LE FIGARO. - Pendant longtemps, les talibans avaient pour coutume de cesser les combats pendant l'hiver et de déclencher, entre mars et avril, une traditionnelle «offensive de printemps». Cela sera-t-il encore le cas cette année?

Karim PAKZAD. - Dans certaines parties d'Afghanistan, l'hiver est rude. Il y neige abondamment. Lorsque l'influence des talibans étaient limitées à ces zones, il était impossible pour eux de braver les éléments. Leur action militaire devait attendre les bons jours. Cette offensive de printemps, telle qu'elle était pratiquée, n'a plus lieu: les talibans se sont considérablement renforcés. Ils contrôlent aujourd'hui 40% du territoire afghan, agissent en plusieurs entités parfois indépendantes et recrutent au-delà de la seule ethnie pachtoune, qui composait traditionnellement leurs troupes. Ils sont capable de lancer des offensives à n'importe quel moment de l'année.

Les talibans sont aujourd'hui bien plus puissants qu'il y a 17 ans, au début de l'intervention américaine. À l'époque, ils se sont réfugiés dans leurs bases après avoir été chassés de Kaboul. Il a fallu attendre un à deux ans pour qu'ils puissent mettre en place leur guérilla. Et encore, les Occidentaux expliquaient au même moment que Kaboul était la ville la plus sûre du monde. Aujourd'hui, à cause des attaques, les habitants de la capitale ne savent pas s'ils vont rentrer vivants chez eux à chaque fois qu'ils sortent.

Outre la multiplication des attaques au cours de l'année, les méthodes des talibans ont changé. Il y a quelques années, ils prenaient pour cible les forces armées étrangères ou les positions du gouvernement afghan. Aujourd'hui, leurs attentats font des centaines de morts dans la population civile. Faut-il y voir l'influence de Daech?

L'implantation de Daech est récente en Afghanistan. Elle date de décembre 2014, et leur action a réellement commencé en 2015. Il y a une concurrence entre les deux groupes. Il y a eu des combats très violents entre eux. Quand Daech a coupé des têtes de talibans, ces derniers se sont mis à faire la même chose et à les aligner au bord des routes. La rivalité a radicalisé les talibans qui, aujourd'hui, ne se soucient plus des pertes civiles et que l'on peine parfois à distinguer le commanditaire de tel ou tel attentat.

Il existe cependant toujours une différence importante entre les deux. Si les talibans sont des extrémistes religieux, leur lutte comporte une dimension nationaliste: il s'agit à leurs yeux de lutter contre une invasion étrangère. À l'inverse, la stratégie de Daech est internationaliste. Le groupe ne souhaite s'implanter dans le pays que pour en faire une base arrière afin de s'en prendre à d'autres régions du monde. Son but est de provoquer une guerre civile interreligieuse et interethnique. Il prend donc pour cible des mosquées et des lieux de prière chiites.

Une conférence pour la paix réunissant une vingtaine de pays et d'organisations internationales s'est déroulée la semaine passée à Kaboul. Le président afghan, Ashraf Ghani, a proposé de reconnaître les talibans comme une force politique en échange d'une reconnaissance de la Constitution par ces derniers. L'offre a été déclinée, au motif qu'elle s'apparentait à une reddition. Cette conférence n'aura-t-elle donc servi à rien?

Elle aura au moins permis aux pays présents de discuter de l'ensemble des problématiques. Mais cette conférence s'est déroulée dans un moment assez délicat pour le gouvernement afghan. Face à des talibans plus que jamais actifs, un durcissement avait été annoncé: il n'y aurait plus de trêve avec l'ennemi, la paix irait se chercher sur les champs de bataille. Seulement, lors de la conférence, il a bien fallu annoncer quelque chose. Le Président a fait mine de lancer une proposition aux talibans. Ces derniers, qui contrôlent presque la moitié du pays, qui ne reconnaissent pas le pouvoir de Kaboul, qui ne souhaitent que discuter avec les Américains, ne pouvaient que décliner cette offre.

Où en est l'Afghanistan finalement?

Le pays est dans une impasse militaire. Aucune partie n'arrive à l'emporter sur l'autre. Le gouvernement est incapable d'assurer la sécurité, notamment dans les rues de Kaboul. Les talibans, eux, n'arrivent qu'à contrôler des petites villes, mais pas les grandes. Ces deux parties devront finir par se parler. Encore faudrait-il qu'elles se reconnaissent un jour.

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