Le Mali

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Le dessous des cartes – L’Afrique dans le maintien de la paix – 8 octobre 2016

Minée par de nombreux conflits, du Mali à la Somalie, l’Afrique est aujourd’hui le théâtre principal du déploiement des opérations de maintien de la paix de l’ONU. Le Dessous des Cartes se penche cette semaine sur les menaces qui pèsent sur le continent, et surtout sur les réponses apportées par les États africains pour les surmonter.

Extrait "La guerre de l'ombre au Sahara" - ARTE - YouTube

 

 

 

L'accord de paix signé samedi 20 juin à Bamako est censé  tourner la page du jihadisme dans cette partie du Sahel qui a connu une série de rébellions touareg depuis les premières années d'indépendance du pays, en 1960. En 2012, cette vaste région a été transformée en sanctuaire et en base d'opérations jihadiste, jusqu'au lancement à l'initiative de la France de l'opération Serval en janvier 2013.       
 

Signé en 2015, l’accord pour la paix et la réconciliation est mis en péril par un pouvoir central passif, une rébellion fragmentée et un djihadisme en constante recomposition.

Des attaques ont été lancées samedi contre un complexe de la mission de l'Onu et une base de l'armée française à Tombouctou.

les camps de la mission onusienne Minusma et de la force française Barkhane à Tombouctou ont été la cible, samedi, d'une attaque qui a fait au moins un mort et une vingtaine de blessés. Cette double attaque est d'une ampleur rare au Mali, même si les islamistes ont intensifié leurs opérations après l'échec de la mise en oeuvre de l'accord de paix de 2015.

Une opération coûteuse en vies humaines

Déployée au Mali en juillet 2013, la Minusma, qui compte environ 12.500 militaires et policiers, est actuellement la mission de maintien de la paix de l'ONU la plus coûteuse en vies humaines. Elle avait, avant l'attaque de samedi, perdu plus de 160 Casques bleus, ce qui représente plus de la moitié des soldats de l'ONU tués sur cette période dans le monde.

Il reste quelque 4000 soldats français stationnés au Mali, auxquels s'ajoutent les casques bleus de la Minusma. La Minusma comptait, fin mars, quelque 11.800 militaires et 1700 policiers au Mali. Bien que les groupes liés à Al-Qaïda aient été dispersés et en grande partie chassés du nord du Mali, des zones entières de ce pays échappent encore au contrôle des forces maliennes, françaises et de l'ONU, régulièrement visées par des attaques.

Depuis 2015, ces attaques se sont étendues au centre et à la partie sud du Mali et le phénomène déborde sur les pays voisins, en particulier le Burkina Faso et le Niger, où quatre soldats américains et quatre militaires nigériens ont été tués dans une embuscade en octobre 2017.

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Exécutions sommaires

Depuis le 11 avril, quelque 1500 militaires africains, américains et européens sont engagés dans des manœuvres dans l'ouest et le nord du Niger, pour s'entraîner face aux menaces terroristes. Ces exercices devraient renforcer l'efficacité de la force du G5 Sahel, qui devrait compter d'ici à la mi-2018 5000 soldats issus du Mali, du Niger, de la Mauritanie, du Tchad et du Burkina Faso.

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La signature en 2015 d'un accord pour ramener la paix au Mali n'a pas empêché la recrudescence des violences. Jeudi, le représentant du haut-commissaire aux droits de l'homme au Mali, Guillaume Ngefa, a évoqué les «exécutions sommaires d'au moins 95 personnes» dans la région de Menaka, frontalière du Niger.

Mise en cause, une coalition de deux groupes armés qui participent aux opérations de sécurisation avec les troupes françaises et maliennes, le MSA et le GATIA, a rejeté samedi ces accusations. Ces deux groupes sont soupçonnés de profiter de leur proximité avec Barkhane pour régler de vieux contentieux territoriaux, notamment avec la communauté peule.

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